Saint-Mamert du Gard | Foot à l’ancienne

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Publié le samedi 07 Mar 2020
Par EB Rédaction Web

à fond les ballons contre Parignargues

Robert Gaussen est né en 1919 à Saint-Mamert du Gard. Il se souvient de son enfance et des matches de foot du jeudi. L’équipe de Parignargues, le village voisin, était l’ennemie jurée.

Il est long le fil de l’histoire quand on a 100 ans ! Lorsqu’on commence à dérouler cent années de fil d’histoire persuadé de tenir le bon bout, on s’aperçoit rapidement qu’on a entre les doigts un véritable écheveau avec plein de bouts différents !

Et l’histoire part alors dans toutes les directions au hasard du réseau tissé sur la toile des souvenirs de Robert Gaussen !
D’où une certaine réactivité requise pour saisir la balle au bond lorsqu’une anecdote championne vient dribbler ses coéquipières pour sortir du lot. Comme celle racontée ci-dessous.

Robert Gaussen centenaire

Mettez plein de garçons ensemble et il en sort souvent un match de foot ! ⚽️

« J’avais une dizaine d’années. Notre instituteur nous avait expliqué les rudiments du football, mais nous avions une fâcheuse tendance à interpréter les règles à notre avantage ! » explique Robert Gaussen.

À l’attaque

Et le jeudi c’était jour de foot à saint-Mamert pour ceux qui n’avaient pas l’obligation d’aller faire de l’herbe pour les lapins ou garder la chèvre. Et ils partaient affronter l’équipe de Parignargues. Pourquoi Parignargues, et non pas Fons ou Gajan ?
« Aucune idée. On allait attaquer Parignargues, c’était comme ça et pas autrement.« 

Équipés pour les uns des maillots et chaussures à crampons des grands frères et de leurs tenues de tous les jours pour les autres, la drôle d’équipe prenait le chemin du village d’à côté à pied ou à vélo, pour en découdre avec l’équipe adverse. « Ça c’était du sport ! Quand je pense que maintenant on conduit les gosses en voiture carrément sur le terrain. »

L’aire du Château pour Parc des Princes

Les cyclistes servaient d’estafette pour annoncer leur venue aux Parignargais qui les attendaient sur l’aire du Château, de pied ferme et au grand complet, « à croire qu’il n’y avait ni chèvres ni lapins dans ce village !« 

L’arbitre était déjà désigné, c’était un Parignargais. Autant dire tout acquis à la cause de son équipe.
En guise de pom-pom girls quelques filles échappées à la surveillance de leurs mères, venues normalement encourager les sportifs de Parignargues, mais davantage portées à faire les yeux doux aux estrangers de la commune d’à côté, ce qui n’était pas tellement pour plaire aux joueurs locaux.

Une Guerre des Boutons avec un ballon

Le ton était donné.

Pas de quartier

Pas de marquage au sol, pas de cages non plus pour les buts mais des pierres qui étaient sournoisement rapprochées en cours de partie, afin de réduire les risques d’encaisser un tir.
Et la partie commençait. Avec des coups de pieds chaussés de grosses godasses faites pour durer, dans les chevilles de l’adversaire ! Et l’arbitre, jugé trop partial, prenait rapidement un carton rouge et était mis sur la touche !

« Le jeu n’en continuait que plus acharné. Les coups francs, mérités ou imaginaires, pleuvaient. Quelques penalties étaient tirés, toujours contestés, ce qui ne faisait qu’accroître l’animosité des parties en présence. Tout cela ponctué de coups échangés ici ou là, histoire peut-être de bien sceller une amitié intercommunale.« 

Une course poursuite pour prolongations

À la mi-temps improvisée, on changeait de côté et c’est la fatigue ou le nombre croissant des éclopés qui sifflait la fin du match.

Le score annoncé était source supplémentaire de contestation. Si Saint-Mamert prétendait avoir gagné, son équipe était poursuivie jusqu’à la frontière de son territoire quand elle regagnait ses pénates, et quelques fois plus loin, ce qui aurait pu constituer un cas de « casus belli. »
Comme un arrière goût de La Guerre des Boutons.

Mais à cet âge-là on n’a pas de rancune ou alors on a la mémoire courte car le jeudi suivant, tout recommençait. On retournait attaquer Parignargues.
Une chose est sûre : c’était le bon temps pour notre centenaire. 90 ans après il en rit encore !

Mais il en veut par contre au photographe de l’époque qui trouva le moyen de le décapiter en immortalisant son équipe.

Equipe foot ancienne

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