PARIGNARGUES | Vivre le confinement à l’Ehpad

échos de
leins gardonnenque

Un œil pour
écouter la région

Publié le vendredi 20 Nov 2020
Par EB Rédaction Web

282 ans à elles 3 : confinées à la maison de retraite

À la résidence Château Notre-Dame, 3 résidentes témoignent de leur vision de la crise sanitaire et de leur quotidien pendant le confinement.

Les états d’âmes sont différents

Françoise a 97 ans. Elle a quitté sa Corse natale pour s’installer dans la région avec son mari qui était gardien à l’établissement pénitenciaire de Nîmes.

« La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut se faire une raison. Nous ne voyons plus nos familles c’est certain, mais on n’est pas des enfants, on comprend ! En 40, sous l’occupation et les bombardements c’était pas marrant non plus ! « 

Confinement Ehpad

« Le génie n’a qu’un siècle, après quoi il faut qu’il dégénère comme disait Voltaire. La vie progresse dans le bon sens, puis arrive une guerre ou une épidémie et ça dégringole » rajoute Françoise l’ancienne institutrice.

Odette de Montpezat est la maman du médiatique René Domergues. Elle considère la situation avec moins de philosophie car le moral a des hauts et des bas. « Ça dépend des caractères, chacun voit les choses à sa façon ».

confinement ehpad

À 91 ans Jeanne est la benjamine du trio. Cette Parisienne  a succombé aux charmes du Sud par le biais de ses enfants. Le sourire est toujours là et les yeux bleus pétillent encore, mais elle reconnaît que la situation lui pèse : « je souffre de ce confinement car j’ai l’habitude d’avoir du monde autour de moi et j’aime quand ça bouge. »

confinement Ehpad

Le confinement est contraignant

L’ambiance n’est plus la même à Château Notre-Dame car le confinement impose ses contraintes. À commencer par les visites des familles désormais « comme au parloir » :

  • 1 fois tous les 15 jours,
  • pas plus d’une heure à chaque fois,
  • sur rendez-vous,
  • dans une pièce spécialement aménagée.

La Communication est en partie coupée

Et c’est justement les familles à l’extérieur qui causent le plus de souci : « on s’inquiète pour nos proches car les gens se comportent en égoïstes et font n’importe quoi, on le voit bien à la télé ! »

Écouter la radio et regarder les infos à la télé constituent en effet une priorité. Car le temps est long, il faut occuper ses journées. Mais Françoise l’enseignante préfère la lecture ou les mots fléchés. On ne se refait pas.

La communication entre étages est proscrite pour les résidents, qui sortent donc un maximum de leur chambre pour avoir leur ratio quotidien de bavardages entre voisins de pallier.

La Convivialité aussi est masquée

Car le confinement a aussi masqué une grande part de la convivialité à la maison de retraite Château Notre-Dame :

  • les anniversaires ne se fêtent plus en groupe mais individuellement, chacun recevant un bouquet de fleurs,
  • les offices religieux du dimanche n’ont plus lieu. « On le comprend mais c’était aussi un moment important pour nous« ,
  • les dévouées Blouses Roses  manquent à beaucoup de pensionnaires,
  • les sorties en groupe à l’extérieur (restaurant, visites, découvertes, etc.) se sont transformées en quelques pas dans le village, et manquent également à une équipe d’aventuriers infatigables.

Du positif malgré tout

Françoise la doyenne garde pourtant un moral indestructible. « Je suis bien mieux ici que chez moi. Ici je ne suis pas seule, on s’occupe de moi ». Car même si l’ambiance a changé, ces dames d’âge vénérable voient malgré tout une lueur d’espoir à l’horizon.

Une amélioration constatée

« Ça n’a rien à voir avec le premier confinement où on a été obligées de rester dans nos chambres pendant des semaines.  On peut en sortir, et même si c’est avec les masques, c’est déjà ça  » indique Odette.

Les repas se prennent d’ailleurs désormais en salle de restaurant (4 personnes max par table).

Le jardin est toujours accessible par belle journée.

« Et puis il paraît que dehors ça s’améliore. »

Une bouffée d’oxygène

Et les animations semblent surtout reprendre peu à peu. Une sacrée bouffée d’oxygène pour nos résidentes, à qui ça permet de « bouger un peu et de faire la conversation. »

  • le théâtre,
  • la thérapie avec des animaux de compagnie,
  • l’animation musicale,
  • la gymn,
  • la musicothérapie et la répétition de chansons pour les familles, avec le Fonsois Roland Grünhertz, un habitué des lieux,
  • la lecture en groupe, avec le roman Le Comte de Monte Cristo par ex.

Les « Voix Sonores » enregistrées sur clé USB permettront aussi la lecture d’ouvrages pour les mal-voyants et les non-voyants. À écouter en groupe, ou individuellement en chambre, pour en discuter après.
Ce projet devrait se faire en collaboration avec Pascal, un aide soignant.

Un personnel aux petits soins

Car le personnel d’Orpéa Château Notre Dame joue un rôle prépondérant en cette période de crise sanitaire et s’implique en effet doublement pour faire oublier aux résidents leur isolement.

C’est ainsi que les salariés de l’établissement leur ont réservé leur journée de solidarité pour les promener.

Mais au hit parade de la popularité Martine l’animatrice semble remporter tous les suffrages. « Elle se donne à fond et en son absence le temps est long » fait remarquer Jeanne,  en accord avec Odette et Françoise.

Car il serait de notoriété publique que Martine ne ménage ni ses efforts, ni son imagination ni son entrain pour distraire les pensionnaires.

Il y avait ce 17 novembre une animation atelier du Père Noël sous la direction de Martine. Dans le but de préparer le marché de Noël, qui se fera à l’extérieur début décembre. Mais qui sera réservé aux familles, confinement oblige.

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