La Calmette | Le moulin à vent réhabilité

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Publié le samedi 08 Août 2020
Par EB Rédaction Web

Le moulin à vent va redéployer ses ailes

En haut de sa colline le moulin à vent de La Calmette a cessé de fonctionner au début du 19è siècle. Puis le temps a fait son œuvre emportant la toiture et les ailes, de même que l’escalier de pierre intérieur livré au pillage. Mais voilà que le vieux moulin s’apprête de nouveau à déployer ses ailes grâce à la détermination de quelques passionnés qui ont décidé de le réhabiliter.

Moulin à vent en ruines

Un moulin de type provençal

Saviez-vous que le toit d’un moulin à vent n’est pas fixé au bâti ? C’est son propre poids plus le poids de la meule de laquelle il est solidaire qui le maintient en place. Car il est nécessaire de le faire tourner régulièrement puisque les ailes doivent être positionnées pour tirer optimalement parti de la direction d’Éole.

Deux sortes de moulins à vent

1 – Le Lauragais, avec une grosse poutre extérieure à laquelle on attelait un cheval. En tractant, il faisait tourner l’ensemble toit/ailes.

2 – Le Provençal, pour lequel on faisait pivoter la structure de l’intérieur. Un savonnage permanent de l’assise en bois permettait à la charpente de glisser facilement.

Dans le Provençal, la toiture est à l’intérieur du périmètre bâti. Pour le Lauragais elle déborde de celui-ci.

Moulin à vent ruines

Un terrain de jeux exceptionnel

Le moulin de la Calmette est de type provençal. Le mécanisme de mouture se trouve à l’étage et, une fois écrasé, le blé tombe par gravité dans un butoir. La farine et le son sont alors séparés.

Au dessus de la porte, intégré dans le mur, un triangle de pierre évite que le linteau ne supporte seul tout le poids du toit.

Les anciens Calmettois se souviennent du terrain de jeux exceptionnel que la bâtisse abandonnée constitua pour eux, et de la dernière guerre qui la transforma en vigie pour les Allemands.

Un projet fédérateur

En 2013 le moulin fut acheté à la famille Fabre par la municipalité de La Calmette. L’idée était d’en faire un bel objet de déco en reconstruisant la toiture et les ailes. Sauf que ce n’était pas possible, car sans le mécanisme entier, ça ne pouvait pas tenir.

Des élus motivés

En 2014 Sébastien Guironnet entra au conseil municipal. Avec son  « alter égo » Christophe Ventura autre élu, ils se passionnent alors pour l’idée de revalorisation du moulin et décident de le remettre en fonctionnement après avoir consulté les Calmettois qui « ont validé l’idée car les souvenirs d’une enfance étroitement liée au moulin subsistaient encore chez eux« .

Sébastien Guironnet met aussi l’accent sur la volonté de générer du lien entre anciens et nouveaux Calmettois par le biais de cette réalisation.

Carte blanche fut alors donnée à ces instigateurs du projet par Jacques Bollègue, le maire de La Calmette.

Ruine batiment et homme

Un site incontournable

Dominant le tracé de la Voie Régordane, le moulin ne voit plus depuis longtemps passer les charrois allant du Puy en Velay à Saint-Gilles. Mais des randonneurs ont pris le relais. Une fois rénovée, la construction multi-centenaire devrait connaître une belle fréquentation.

Le petit plus : l’accès sera libre et un parking sera aménagé pour le public à mobilité réduite.

Cambo Roujo l’asso aux jambes rouges

Ne restait qu’à créer une association pour :

  • suivre la rénovation du moulin à vent,
  • imaginer l’aménagement paysager autour,
  • faire vivre ce témoin du passé, une fois ressuscité.

Ce qui fut fait en 2018, année où Gérard Blain, futur élu, fut nommé président de l’association Cambo Roujo sensibilisée à la protection du patrimoine calmettois (bâti, culturel et paysager).

« Jean-Christophe Galant, professeur d’histoire au lycée d’Uzès et spécialiste de la pierre  y apporte à bon escient ses lumières aux profanes que nous sommes » indique Sébastien.

Pourquoi Cambo Roujo

L’association tire son nom du fait de la présence de la persicaire dans la rivière la Braune. Cette plante rougissait les jambes des Calmettois qui s’y aventuraient.

Un but éducatif, festif et culturel

Une fois le moulin et son pourtour mis en valeur, l’association souhaite faire vivre le lieu. On devrait y organiser :

  • des manifestations,
  • des visites,
  • des journées conviviales,
  • etc.

Restauration en cours

Les travaux ont commencé depuis le 1er février 2018 (interrompus 2 mois en 2019 pour cause de covid).

Moulin en travaux

Des spécialistes au chevet du moulin

L’architecte du patrimoine est Emmanuel Garcia.

L’entreprise Sele de Nîmes a réalisé le gros-œuvre avec enduit extérieur à pierre vue, plus enduit et escalier en pierre de taille intérieurs.

La Maison du Menuisier à Graveson s’occupe des menuiseries, du plancher, de la charpente, de la couverture et des ailes dont la pose est prévue prochainement. Elle installera également les meules en provenance des carrières du Sidobre (Tarn).

Pour info : le coût total des travaux avoisine les 290 000 € TTC, la mairie supportant la majeure partie pour 140 000€.

Des concessions à la modernité

  • Des roulements à billes vont remplacer le savon d’autrefois pour aider à faire tourner la toiture.
  • Un moteur électrique palliera aux pannes de vent. Le moulin devrait être opérationnel en septembre 2020. Ne restera plus qu’à y moudre le blé pour la farine qui servira à faire le pain.

Ce sera alors la suite du programme auquel s’est attelé Cambo Roujo. Le boulanger du village, Grégory Girard est membre de l’association. Ça tombe bien.

Comme le meunier fait son pain

Car c’est un scoop : du pain va être fabriqué à partir du blé récolté cette année ! En collaboration avec le syndicat de La Touselle à Bezouce, Cambo Roujo a déjà semé quelques graines dans ce but.

Un retour aux sources

100 kg de variétés de semences très anciennes, voire endémiques au Gard (Touselle, Florence Aurore), ont en effet été plantées sur une parcelle de la commune. Elles ont levé sans engrais ni eau puis ont été moissonnées le 2 juillet 2020.

Et tous les membres de Cambo Roujo se sont réunis pour enlever les petites bêtes.

Moisson à l'ancienne

Planter et éduquer

La volonté de l’association est d’entretenir un patrimoine de blé ancien tout en faisant participer la population. Car l’équipe de re bâtisseurs a à cœur de faire profiter tout le village de cette belle aventure.

Du coup les enfants ne sont pas laissés pour compte. Des jardinières ont été installées à l’école maternelle. C’est ainsi que les céréaliers en herbe ont pu suivre l’évolution, jusqu’à leur récolte, de quelques semences :

  • le Barbu de Roussillon,
  • la Petavielle noire de Nice,
  • la Touselle blanche de Pertuis,
  • le Pyrénéo.

Plus de 500 kg de grains attendent désormais d’être broyés par les futures meules du moulin, avant que du pain ne soit fabriqué ultérieurement à partir de cette farine made in La Calmette.

Et si un four à pain reprenait vie dans le village ? Et si on organisait un battage à l’ancienne ? Autant d’idées donc, susceptibles de fournir encore du pain sur la planche à Cambo Roujo.

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