SAINT-GENIÈS DE MALGOIRÈS | Permaculture à L’Ortalet

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Publié le mardi 29 Sep 2020
Par EB Rédaction Web

Une butte autofertile construite au jardin l’Ortalet

Ils étaient une dizaine de jardiniers amateurs et surtout passionnés à se retrouver à Saint-Geniès de Malgoirès le samedi 26 septembre. L’association Temps Libre organisait en effet une journée de sensibilisation à la permaculture au jardin pédagogique L’Ortalet. Ann la formatrice franco-américaine était spécialement descendue de Saint-Martin de Londres pour partager ses connaissances en permaculture avec les jardiniers. Au programme, la construction d’une butte autofertile.

Groupe de jardiniers

Jardiner un besoin essentiel

Il semblerait que des prises de conscience quant à notre façon de produire et de consommer se fassent un peu partout sur la planète. Et le confinement aurait contribué à accélérer les choses.

« J’ai été prise d’une envie irrépressible de semer des graines. Ça m’a littéralement sauvée pendant le confinement que de pouvoir semer dans ma petite serre et dans tous les pots que j’avais à disposition. Une fois semé chez moi, je suis allée en mettre dans les jardinières sur la voie publique, après les avoir nettoyées. C’est ainsi que dans mon village on a pu voir pousser des poivrons et d’autres légumes en pleine rue. Les gens étaient invités à se servir« . Valérie.

Rien de tel que de passer une heure ou deux au jardin après le boulot. On se ressource en mettant ses problèmes en jachère. C’est comme une drogue, les heures passent sans que l’on ne s’en rende compte.

« Il me fallait une occupation pour m’évader d’une situation stressante. On m’a conseillé de rejoindre Temps Libre et le jardin L’Ortalet. Et j’ai découvert une forme de bonheur« . François.

L’Ortalet jardin de la convivialité

Le jardin L’Ortalet est un lieu incontournable de l’association Temps Libre. Cinq parcelles y sont aménagées et cultivées mais également visitées par les enfants dans un but pédagogique. Des événements fédérateurs de liens et d’éducation à l’environnement et au développement durable s’y tiennent régulièrement.

Le projet De la graine à l’assiette y a été planté et devrait éclore très prochainement. Il permettra d’associer autour d’une initiative les enfants des écoles ou le Relais Assistantes Maternelles de Temps Libre, etc. L’idée étant de planter et de cultiver des légumes qui seront ensuite préparés à la cantine et consommés par les jardiniers en herbe eux-mêmes. De la convivialité certes, mais sans oublier un avantage non négligeable qui est de cultiver son jardin pour se nourrir. Et qui permet de faire de sacrées économies.

« Avec 50 m² on peut nourrir 3 personnes pendant 8 mois de l’année. Je n’achète plus de légumes de fin avril à début février de l’année suivante« . François.

Ann formatrice et fan de permaculture

D’origine américaine et anciennement journaliste, Ann s’est interrogée à la naissance de ses enfants.  «Mais que vais-je bien pouvoir leur laisser ? »
Avec la permaculture Ann a trouvé la réponse en même temps que sa voie. Et en France de surcroît, car notre pays conviendrait mieux selon ses dires, à la mise en place de la permaculture, ce « concept systémique et global visant à créer des écosystèmes ».

«La permaculture, c’est la célébration de la nature. Ce qui est génial, c’est que chacun fait son projet à son rythme. Ce n’est pas que du jardinage, c’est une philosophie de vie».

Permacultrice certifiée, Ann transmet son savoir depuis un an. Cette pratique fait désormais partie intégrante de son existence . Elle vit désormais en osmose avec la nature, récoltant tout ce que cette dernière place sur son chemin pour entretenir sa passion.

La permaculture

La permaculture plante ses graines dans 3 domaines connectés : l’agriculture, l’habitat et l’économie.
Elle repose aussi sur 3 piliers essentiels :
  • Prendre soin de la nature.
  • Prendre soin de l’humain.
  • Partager équitablement.

Mettre en pratique la permaculture au quotidien, c’est vivre au rythme des saisons dans le respect de l’écosystème en particulier et de la nature en général. Ce mode de vie intègre du bons sens et le respect de certaines valeurs dans un état d’esprit « différent ».
Il génère automatiquement :

  • de l’interaction entre les différentes zones ou installations à proximité (tels un ruisseau, un poulailler, un bois, une zone urbaine, etc.) ;
  • de l’entraide (face aux prédateurs en tout genre et aux catastrophes naturelles) ;
  • de la création de liens (entre adeptes de la permaculture ou avec d’autres) ;
  • etc.

Construire une butte autofertile

Afin de mettre en pratique la théorie, le projet de cette journée de formation à la permaculture du samedi 26 septembre était de réaliser une butte au jardin L’Ortalet. Mais pas n’importe quelle butte. Il s’agissait d’aménager un espace supplémentaire pour jardiner en suivant les conseils donnés par Ann.

Les avantages d’une butte autofertile

  • La butte est en 3D et peut occuper au sol un espace réduit, qui peut par contre continuer d’évoluer en hauteur.
  • Utile sur un terrain rempli de pierres ou gorgé d’eau, la butte recréée du sol cultivable.
  • Surélévée de 50 cm par rapport au sol, elle épargne ceux qui souffrent du dos en permettant de travailler à la bonne hauteur.
  • Il y a plus de place pour cultiver car on peut planter sur les côtés et de façon plus serrée.
  • Elle permet un positionnement optimum des plantations en fonction de l’orientation préconisée pour chacune d’entre elles (soleil, mi ombre, etc.)
  • Une interaction se fait entre les plantes. Elles se protègent mutuellement selon leur taille, leurs espèces et l’endroit où elles sont placées sur la butte (soleil, vent, insectes, etc.)
  • L’ensemble conserve un certain taux d’humidité, y compris lors de fortes chaleurs, car la surface n’est jamais à nu (paillage).
  • L’eau y est mieux drainée.
  • Les racines ont plus d’espace pour se développer.
  • Au printemps le soleil permet de produire plus tôt, car les bords obliques de la structure captent mieux ses rayons et leur chaleur.

En permaculture on récupère les matériaux nécessaires autour de soi, dans un environnement plus ou moins proche selon ses habitudes et ses possibilités (dans son jardin, dans son potager, dans son composteur, son poulailler, en se baladant dans la nature, etc.).  Le permaculteur apprend par expérience à avoir l’œil aiguisé et à repèrer de loin les trésors qui lui seront utiles. Car quelques normes sont à respecter en permaculture, y compris dans la confection d’une butte.

Un juste équilibre

L’intérieur de la butte est construit comme une lasagne avec des matériaux divers destinés à fournir du carbone et de l’azote. Ces éléments chimiques sont indispensables pour les êtres vivants, micro-organismes et bactéries présents dans le sol, et qui vont ainsi continuer à se développer de façon optimale dans le but de fabriquer pour la terre de précieux nutiments.

À noter : 2/3 de matières azotées pour 1/3 de matières carbonées constitue une bonne moyenne.

  • Matières végétales pourvoyeuses d’azote autement dit des « matières vertes », molles et humides : tontes de gazon, végétation tendre, épluchures de fruits et de légumes, etc.
  • Matières végétales pourvoyeuses de carbone ou matières brunes », dures et sèches : carton non traité, feuilles mortes, brindilles, bois, etc.
Poiles dans un poumailler

La fiente de poules est un bon équilibre azote/carbone

À L’Ortalet on passe à l’action

Une fois son emplacement déterminé, les jardiniers ont entrepris la construction de ce nouvel espace dédié à la permaculture. Avant de passer à l’action, divers matériaux ont été glanés dans le jardin : roseaux, compost, artichauts secs, fumier du poulailler, bois, paille, troncs, branches, vieilles souches, feuilles de vignes, herbes, etc.

  • On a enlevé 30 cm de terre (dans un espace délimité par des planches ou des pierres).
  • On a disposé sur le fond des rondins de bois qui serviront aussi à drainer et aérer la structure.
  • On a intercalé matières brunes et matières vertes plusieurs fois.
  • On a recouvert l’ensemble avec la terre précédemment retirée.

Pour terminer on a :

1 – planté des légumes et d’autres plants variés mis en quinconce (voisins ou pas en fonction de leur interaction).
2 – semé du trèfle (qui fera office d’engrais en fournissant de l’azote).

3 – recouvert l’ensemble de paille avant de l’arroser.

Petits Conseils aux apprentis permaculteurs

Le sol doit toujours être couvert pour conserver l’eau mais également pour protéger les « petites bêtes ». Elles ont toutes un rôle important à jouer, y compris les bactéries qui travaillent à la décomposition et fabriquent ainsi de l’engrais naturel pour la terre. Au printemps on peut enlever le paillage pour réchauffer la terre et déloger éventuellement les indésirables.

  • Nourrir la terre avec de la matière organique.
  • Diversifier les cultures pour équilibrer l’écosystème.
Homme sur une grelinette

Ne jamais remuer la terre en profondeur pour ne pas perturber les organismes vivant dans le sol. Ils contribuent ensemble à la structuration et à la qualité de ce dernier.
Dans les années cinquante on estimait à 2 tonnes la quantité de vers de terre par Ha. Aujourd’hui il n’en reste que 2 kg du fait de l’évolution des méthodes en agriculture.

Aérer la terre à l’aide d’une grelinette. Ses dents vont la décompacter sans la retourner.

Trucs et astuces du jardinier permaculteur

  • Planter de l’aïl au pied des arbres fruitiers contribue à prévenir certaines maladies.
  • Vaporiser du lait entier sur les feuilles combat l’oidium.
  • Les coquilles d’œufs en morceaux placées autour des plantations décourageront les gastéropodes affamés.
  • Broyées, ces mêmes coquilles leur rempliront l’estomac. Et fourniront quoi qu’il en soit des minéraux pour fertiliser le pied des plantations.
  • Entourer les cultures de fenouil, de ciboulette, de citronnelle, d’oignons, de capucines ou de giroflées éloigne les gastéropodes.
  • Toujours chercher à copier la nature en parvenant à un certain équilibre, au lieu de lutter contre.

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